« Ã‰poux » par Ange Fourcès de Saint-Mont
116 p., ISBN 2-84755-003-8 EAN 9782847550030
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Ce recueil contient quatre nouvelles, il y a quatre époux et cinq histoires de tendresse, voici treize raisons pour lire ce livre...


Livres d'Ange Fourcès de Saint Mont publiés aux éditions de Saint Mont

« Époux » par Ange Fourcès de Saint-Mont publié aux éditions de Saint Mont

  Extrait de « Sacha et Dougna » :

  Un jour, Sacha força un vrai lièvre gros et rusé, à la course en pleine forêt et le rapporta encore vivant, mais entièrement aux abois, à son maître. Toute la maison parla de cette prouesse durant une semaine entière. Le soir même de la chasse, Sacha fut admis dans la salle à manger, où il reçut un bon morceau de lièvre en récompense. Il en goûta un peu sur place pour honorer son maître, puis il emporta le reste et le déposa devant Dougna éblouie, avec plus d’élégance que d’Artagnan n’eût eu en remettant à la reine de France ses célèbres ferrets de diamants.
  Sacha et Dougna étaient frère et sœur, ce qui ne les empêchait pas de s’aimer comme s’ils étaient de simples fiancés, puisque les lois canines sont moins rigoureuses sur ce point que les nôtres. Cela se passa d’une manière tellement naturelle, leurs caresses changèrent un peu d’aspect, voilà tout. Il est possible que le morceau de lièvre y ait été pour quelque chose, mais allez sonder l’âme d’une levrette ! M. de Marcillac ne semblait pas s’opposer à l’union de ses barzoïs, du reste, il était tellement fier de Sacha qu’il disait désormais, en le montrant à ses invités : « Voilà un chien capable de vous forcer un lièvre en pleine forêt et de vous le rapporter ! » Tout le monde était donc heureux : M. de Marcillac, de posséder un barzoï exceptionnel, Sacha, d’avoir un maître généreux et une levrette qui l’aimait et qu’il aimait, Dougna, d’appartenir à un mâle, un vrai, capable de vous forcer un lièvre en pleine forêt !

Extrait du « Cafard de M. Jacquinot » :

La montagne accouche d’une souris, et M. Jacquinot était gris comme une souris. Il ne se trouva pas de grande passion dans sa vie amoureuse, il ne se déclara aucune guerre pour qu’il pût mourir au champ d’honneur, il n’eut ni une vieille mère malade ni une fille poitrinaire à qui il se dévouerait corps et âme, il ne fut pas appelé à un poste important dans le gouvernement français. Qui plus est, il ne savait jouer du violon ni manier les aquarelles et était incapable de rimer deux phrases. M. Jacquinot fut, durant dix ans, aide-caissier dans une banque parisienne.
[...]
M. Jacquinot n’était pas bien différent des autres, il rêva d’avoir beaucoup d’argent et il le prit là où il y en avait, c’est-à-dire dans la caisse de la banque. Or, ce ne fut pas une bonne idée, car il ne faut jamais s’attaquer aux banques, surtout quand elles sont anonymes. Si M. Jacquinot eût volé un peu à tout le monde, il n’eût fait rien d’autre que d’imiter la pratique habituelle des centres des impôts. S’il eût volé l’État, cela n’eût été si blâmable, puisque tous les politiciens le font. S’il eût enfin volé l’argent des riches, même sans le distribuer à d’autres pauvres que lui-même, il eût passé pour un nouveau Robin des Bois. Mais prendre l’argent des banques ! pensez donc ! c’est un acte de profanation de la sculpture sacro-sainte du veau d’or ! Nous ferons grâce au lecteur de la description du procès pompeux qui fut organisé à l’occasion du jugement de M. Jacquinot, du discours verbeux et prolixe du procureur, qui avait d’ailleurs des parts dans une banque provinciale, et passons tout de suite à la condamnation qui consistait en un temps plus ou moins prolongé, durant lequel le sieur Jacquinot devait se vouer à un travail patriotique dans un établissement spécialisé qui le logerait et nourrirait.

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