« Pierrette la Monstresse » par Ange Fourcès de Saint-Mont
150 p., ISBN 2-84755-043-7 EAN 9782847550436
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Ce roman, paru en feuilleton dans le Journal littéraire, est une autre vision du destin féminin. C'est une réflexion sur l'apparence qui prend une si grande importance à notre époque où règne l'image...


Livres d'Ange de Saint Mont publiés aux éditions de Saint Mont

« Pierrette la Monstresse » par Ange de Saint-Mont publié aux éditions de Saint Mont

Extrait :

  Puis, un jour, le printemps revint, mais il sembla à Pierrette venir pour la première fois de sa vie. L’air qui remplissait ses poumons n’était pas celui de tous les autres printemps, sa tête en tournait, et des rêves de filles la remplissaient. Même sa mère ne cessait de sourire béatement, en voyant le visage déformé de Pierrette s’illuminer de l’intérieur. Quant à Marguerite, elle devint positivement folle et ne tenait plus en place, sortait et revenait cent fois par jour, riait toute seule et souriait aux anges.
  Le printemps choisit enfin un dimanche pour éclater de toute sa force.
  Ce jour-là, Pierrette voulut flâner un peu en sortant de l’église. Le soleil était particulièrement chaleureux, et l’air tout entier empli de je ne sais quoi d’effervescent. Il était criminel de rester enfermé par un jour pareil ; les oiseaux, les chats, les hommes sortaient dans la rue sans aucune raison apparente. Une fraîcheur saine, réjouissante s’évaporait du bitume. Cela rendait les chiens soûls, et ils zigzaguaient entre les voitures au risque d’être écrasés.
  Au tournant de la rue, Pierrette s’arrêta comme figée devant la vitrine du fleuriste. Des bouquets dispersaient leur odeur même à travers les vitres, ils appelaient, aguichaient, attiraient le passant. Pierrette rêva d’eux comme un enfant seul rêve des jouets : de tout son cœur, de toute son âme. Elle pensa soudainement au fait de n’avoir jamais reçu de fleurs, et n’en ressentit pourtant aucune amertume. Le charme des fleurs était trop envoûtant pour qu’elle éprouvât une désolation quelconque. Elle ne sut que s’émerveiller en dedans d’elle-même : « Qu’elles sont belles ! »
  — Elles sont belles, n’est-ce pas ? entendit-elle une voix.

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