« Parvenu » par René Maizeroy
44 p., ISBN 2-84755-084-4 EAN 9782847550849
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Des nouvelles inédites du plus célèbre feuilletoniste du début du XXe siècle. Titres : Parvenu, Le Mauvais mariage, Le Frisson nouveau, À l'ombre, La Vraie et l'autre, Celle qu'on n'achète pas.


Livres de René Maizeroy publiés aux Éditions de Saint Mont

« Parvenu » par René Maizeroy publié aux Éditions de Saint Mont

  Extrait :

  D’une élégance étudiée, trop correcte de « toute sorte », copiant ses allures, sa façon de parler, ses chapeaux et ses pantalons sur les trois ou quatre snobs qui donnent le ton, qui lancent la mode, ayant l’esprit des autres, apprenant des anecdotes et des mots comme une leçon pour les replacer dans les petites fêtes, riant bien souvent sans sa­voir pourquoi les camarades s’esclaffent, et accoutumé à entretenir de jolies filles pour la joie de ses meilleurs amis.
  Le parfait imbécile, quoi ! mais, somme toute, un excellent garçon, auquel il convient de témoigner quelque vague indulgence.
  Quand il en fut à sa trente et unième maîtresse et qu’il eut constaté qu’en amour les trois quarts du temps la fortune ne fait pas le bonheur, que toutes l’avaient trompé, rendu parfaitement ridicule au bout d’une semaine, Charles Dupontel résolut de se ranger des voitures, de devenir ce qu’on ap­pelle un homme sérieux, de se marier, non par calcul, par raison, mais selon son cœur. Une après-midi d’automne, à Auteuil, de­vant la tribune du club, parmi les très jolies qui entouraient les braseros, il remarqua une jeune fille d’une teinte exquise, si fraîche qu’on eût dit d’une fleur de pom­mier, si blonde qu’on eût pris ses cheveux pour des fils d’or, si souple et si mince qu’elle évoquait ces longues silhouettes de saintes qui sont sur les vieux vitraux d’église, et énigmatique, ayant l’air à la fois d’une ingénue délicieuse, de quelque pensionnaire en vacances et de quelque toquée qui sait déjà le pourquoi et le comment de toutes choses, qui exubère de vie et de jeunesse, qui attend le moment où le mariage lui permettra enfin de dire et de faire tout ce qui lui passera par la tête, de s’amuser jusqu’à la satiété ; puis des petits pieds qui eussent tenu dans une main de femme, une taille qu’on eût emprisonnée en un bracelet, des cils bouclés qui palpitent comme des ailes de papillon près d’un nez effronté et sensuel, un vague sourire moqueur qui plissait ses lèvres comme des pétales de roses.

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